Suite

10/02/2014 10:59 par murielunerescapeedelavie

VENDREDI18 JANVIER 2014,
A Sophy, une amie


Départ debut juillet en Angleterre, avec un groupe de 5 éleves pour 15 jours, dont mon amie qui avait elle, comme punition de rester à Londres avec notre prof, 15 jours de plus que nous, seule.
Super séjour, chez dzs amis de notre prof, qui nous baladaient, non seulement dans les musées, à strafford on Avon, voir la pièce de Shakespeare, "Le Roi Lear", quasi incompréhensible, vu notre niveau d'anglais, mais surtout découvrir le monde des pubs et la pinte de Lagger.
Tous les pubs, devant fermer à 23 h, la précipitation que nous mettions à avaler un maximum de pintes eût été drôle, s'il ne s'était pas s'agit d'alcool.
Mon amour de Londres et de l'alcool étaient en train de naître simultanément et je n'avais pas 16 ans.
Retour Paris, triste et un peu jalouse, d'y laisser mon amie et ma prof seules (je serais bien restée avec elles, 3 semaines de plus), d'autant plus qu'ayant eu aussi la chance de découvrir Oxford (et toujours ses pubs), mais plus particuliérement cette architecture Elizabéthaine que j'aime tant, je ne pouvais pas me douter que j'allais y vivre un moment, quelques années plus tard.
A Paris, le planning du mois d'août était réglé puisque mon père, toujours ingénieur du son, faisait une émission télé relativement inepte, qui, en suivant les plages, faisait une ville par jour. Nous devions tous le rejoindre, mère, frère et moi mais voyant bien mon ennui, d'une banlieue et d'un Paris désertés par ce magnifique mot de la langue française "les aoûtiens", mais aussi par les freaks, les beatniks et les hippies, il fût convenu que je partirais la première en train, sac à dos et sac de couchage (on ne sait jamais, ce que l'avenir nous réserve, sur le premier lieu de rendez vous de l'émission aoûtienne, dans une petite ville, près de la Rochelle.
L'imprévu étant que j'avais demandé à 2 copains de classe de venir avec moi, bardés des mêmes sacs à dos et de couchage.
J'avais quand même le pressentiment que mon père, qui m'attendait, seule, à la gare, ne serait guère ravi des voir débarquer 3 personnes à la place de sa fille chérie, mais ce fût plus dramatique que je ne l'avais imaginé. Il me dit à peine bonjour, ne salua même pas mes compagnons et nous rejoignames le camping où l'équipe de techniciens avaient élus domicile.
Mes copains, ayant senti le malaise entre mon père et moi, s'éclispèrent sur la plage , se préparant à y passer la nuit et à attendre de mes nouvelles, qui ne furent pas longues à arriver, leur disant que je les retrouverais plus tard, car la discussion père fille devait commencer après le rangement du matériel de prise de son.
Elle ne fût pas très longue car au lieu de la gifle, que je m'attendais à recevoir,
il me proposa de partir tout le mois d'août avec mes copains, à condition d'être rentrée au plus tard, le 31 août à minuit à la maison et me donna 600 francs.
Sans un baîser, ni un sourire, il me regarda partir, un peu tristement et me disant "au 31 août, OK ?"

suite

10/02/2014 10:58 par murielunerescapeedelavie

12 JANVIER 2014


Continuons d'une façon chronologique, cela sera peut être plus simple pour vous et certainement pour moi aussi, car, en ce moment, tous les souvenirs partent dans tous les sens et dans un désordre indescriptible, ce qui m'empêche un peu de m'y retrouver et commence à devenir anarchique, ce qui n'est pas toujours pour me déplaire mais pas sur ce coup.
18h, dimanche, rentrée à la maison (je n'ai plus jamais revu LARS, mais il reste toujours quelque chose de lui, quelque part en moi et j'en suis vraiment heureuse).

Accueil souriant et chaleureux de mes parents : alors, sympa, ce week end de filles ?Ben,ouais, pas mal, ballades dans Paris, St Michel, etc....Dîner, télé, énorme bouffée d'émotion lorsque 2 personnes s'embrassaient sur la bouche et larmes discrètes si 2 faisaient l'amour.
J'avais tellement bien raté ma 4ème, que pour le 3ème trimeste, mon père, anticlérical convaincu, avait réussi à me faire entrer dans un internat catho, de filles, acceptant les athées et toutes autres conféssions. Je ne faisais pas de prières, ni de messes et surtout j'y avait rencontrè la jeune femme chez qui je devait dormir le fameux week end. Elle était en terminale et avait 19 ans et nous faisions le mur, la nuit, nos chambres étant au RDC et prenions le train pour Paris (l'internat était très proche de la gare du Raincy), passions la nuit, devinez où, le plus souvent dormions un peu sous les arbres du square du Vert Galant (et non Galand, dont je vous ai gratifiés depuis le début), où dans des parkings souterrains après de longues nuits musicales et chaleureuses. Puis premier train du matin, retour dans la chambre, remise en pyjama et réveil pour les cours de 8 h. Donc je croyais connaître la vie nocturne parisienne.. Vous avez bien compris, qu'il n'en était rien.
Lorsque, le mercredi suivant, j'ai retrouvé, mes copines de ma ville d'origine, puisque les parents nous reprenaient le mardi soir et nous ramenaient à l'internat le mercredi soir, je retrouvais mes anciennes potes et la, ne pouvant toujours pas parler de viol, il était d'ailleurs très ringuard d'être encore vierge à 15 ans dans les années Flower Power 70.
Alors, j'ai joué à l'horrible concours de la 1ère dépucelée et suis devenue une sorte de chef de bande, admirée, ce qui n'avait jamais été mon cas.
Le dépucelage, le mot viol, n'ayant jamais été prononcé, devenait mon étendard de grande fille libérée, et me permettait d'en parler avec l'idée que faire l'amour était de l'ordre du bonheur total. Mensonge complet, évidemment mais je ne savais pas comment m'en sortir autrement. La souffrance, pour la nuit, seule dans mon lit et la gloriole, pour les autres. Un enfer, au quotidien.
Aucun souvenir des vacances de l'été 70.
Grand changement, à la rentrée scolaire, 70/71, mes parents peu friqués, m'ont faite entrer dans une boite privée psycho pédagogique pour ado à problèmes à Paris.
Finie la banlieue et certaines fréquentations douteuses, normalement.
Classe de 3ème direction littéraire et philo pour un bac A.
Ecole plutôt chère, mais supposée d'excellence, ce qu'elle était vraiment. Excepté les élèves, de milieu bourgeois, artiste, enfants de journalistes, d'avocats, de grands médecins, d'homme politiques, etc.... Mais avec de gros problèmes de scolarité, comme moi. Notre professeur de français, homme remarquable, avait pris l'habitude de nous saluer en nous disant : "bonjour, vils suppôts de la bourgeoisie possédante", plutôt humoristique, ce qui ne fait jamais de mal. Mais aussi, nous emmenant au théatre, aux grandes expos de peinture et organisant chez lui, des soirées en petit comité, où tout pouvait être abordé, littérature, peinture, musique, cinéma, politique, culture en général.
Soirées passionnantes, qui m'ont vraiment fait aimer la lecture l'écriture, l'art en général, en politique, j'avais ce qui fallait à la maison. Prof d'anglais, pareille mais plus de restaurants où j'avais remarqué qu'elle buvait pas mal. Pour les élèves un seul verre et toujours du rosé ? En cours, des textes d'Orwell, de Steinbeck, de Shakespeare et de Wilde (dont un que j'aime particuliérement : "Le portrait de Dorian Gray" ).
Physique, chimie, maths ratés, espagnol pas trop mal (jolie langue).
1 fois par semaine, 2 heures en fin de journée, un jeune répétiteur anglo saxon venait pour nous faire parler anglais, sans professeur aux alentours. Il avait l'habitude de ramener des joints de Marijuana. Nous balbutions anglais en fumant des joints.
Maheureuseument, vers le mois d'avril, certains, n'ayant pu résister aux joies de la délation, nous avons décidé, ma meilleure amie et moi de nous dénoncer en disant que nous amenions la marijuana, ce qui nous a permis de refaire une fugue de plus de 3 semaines, avec l'argent des tirelires des non délateurs et de partir sur Marseille et La Ciotat, où nous avons découvert des grottes dans lesquelles nous avons habité un petit moment, allant nous laver sous le robinet du port (mon amie avait aussi embarqué dans cette super aventure son petit ami.) Nous pouvions nous baigner nus au pied de nos grottes et un boulanger de La Ciotat, nous aimant bien, nous fournissais en croissants chauds dès 5h du matin. Nous volions un peu à manger, par ci, par là mais très peu pour ne pas trop dévaliser des petits commerçants déjà pas très riches. le Monoprix, nous dérangeait un peu moins et en voulant voler un maillot de bain car ils nous avaient semblés voir un voyeur en haut des grottes, je n'ai pris que le haut, relativement inutile car les seins nus étaient très à la mode, beaucoup moins que le bas du corps féminin.
Puis, au bout d'un moment, direction Digne et Sistéron en stop car nous voulions rejoindre Malataverne, près de Montélimar, pour un festival rock qui devait avoir lieu 10 jours, plus tard, d'où l'étrange itinéraire utilisé pour rejoindre Montélimar, mais que c'était beau, ses chemins de prè Alpes, excepté que nous n'avions rien à manger, sauf des pissenlits dans de grands champs très verts et quelques petits larcins dans le seul commerce buvette du lieu. Nous nous lavions ainsi que notre linge dans de magnifiques ruisseaux qui ondulaient dans cette herbe verte.
2 à 3 personnes s'étaient jointes à nous depuis La Ciotat, dont un, qui était mon petit ami, puisque maintenant, je connaissais et malgré la douleur, je continuais à serrer les dents.
Un jour, mourrant tous de faim, nous avons découvert dans un pré solitaire, un petit veau, que nous avons décidé d'attraper, de le découper et de trouver un moyen pour le faire cuire. L'un d'entre nous, avait un petit couteau et bien que nous nous soyons tous mis en position de l'encadrer, personne ne fut capable de donner le moindre coup de couteau à cette adorable petite bestiole et nous avons continué à manger des pissenlits.
Puis l'heure approchant de partir pour Malataverne, nous repriment nos maigres bagages et redescendiment dans la vallée, toujours mourrant de faim. Coup de chance, nous trouvâmes en route un couvent de Soeurs Hosptalières qui nous accceuillirent, nous firent manger et dormir et nous arrivames sans encombres sur les lieux du festival.
A peine, installés dans une grange pleine de foin, sur le chemin qui menait vers la scène, nous, mon amie et moi, les autres étant partis ailleurs, tombâmes directement sur la voiture de mon père, avec à l'intérieur, mon frère et le frère de mon amie et mon premier reflexe fut de m'enfuir dans les bois alentours, le sien fut de rester pétrifiée sur place. Mon père, qui avait refusé d'appeler la police, à l'inverse de celui de mon amie, est sorti comme une flèche de notre DS 19 de l'époque et à commencer à me courir après en me disant gentiment de revenir, que tout çà n'était pas bien grave et que nous allions en parler tranquillement ensemble. Piteusement, je suis revenue, mon amie était déjà dans la voiture, pendant que des policiers nous cherchaient à la jumelle sur une crête voisine accompagnés du père et de la mère de mon amie, braves gens.
En voyant le visage de mon père en le retrouvant, j'ai compris que cela ne serait pas vraiment facile à règler gentiment. Sans u mot, il m'a fait monter dans la voiture et nous avons rejoint ma mère, nous attendant dans un hotel proche. Me laissant sous la garde de ma mère qui pleurait à chaudes larmes, il est parti prévenir avec mon amie ses parents et les gendarmes que tout était fini et que chacun pouvait rentrer chez soi.
Rentrées à Paris, réunion de quelques profs à la maison, pour trouver une juste punition si nous voulions revenir en seconde l'année suivante avec LE BEPC.
Nous n'avons bien sûr par démordu de notre version d'avoir amené la marijuana en cours, ce qui a permis au jeune répétiteur de ne pas perdre son boulot et surtout étant majeur de ne pas avoir d'ennui avec la justice et des mineurs.
La mienne fut de partir vivre chez ma prof d'anglais, le mois et demi qui restait et l'école nous payait des cours privés de rattrapage pour cet examen.
J'ai enménagé dans la semaine et découvert que tous les soirs, il y avait du rosé à boire enn dînant, d'autres invités et lorsque je n'avais pas de cours ni de révisions, un de ses amis d'une trentaine d'années, avait le droit de m'emmener dans Paris, particuliérement à Montparnasse et plus précisément à la Coupole, où se retrouvaient tous les comédiens du Café de la gare, Coluche, Romain Boutaille, Miou Miou, Dewaere, Depardieu, Sotha, Guibet et les autres, à d'autres tables, des peintres, des écrivains, des chanteurs, enfin un Paris que je ne conaissais pas et les premiers Kirs aidant, je n'ai quasiment plus quitté, l'alcool, non plus d'ailleurs et me voilà partie pour 13 ans d'alcool vraiment solide.
J'ai quand eu mon BEPC mais l'alcool venait de devenir le MAITRE et ce pendant 19 ans,
les 6 dernières années ont été celles du combat contre l'alcool jusqu'au 18 novembre 1990, où j'ai réussi à poser mon verre jusqu'à aujourd'hui.
La suite, plus tard, c'est vraiment épuisant de raconter sa vie, même quand parfois, elle manque un peu de piquant.

 

suite

10/02/2014 10:56 par murielunerescapeedelavie

 

10 JANVIER 2014

 

D'abord, un point un peu plus complet sur le RV d'hier à ST Anne, avec une neuro chirurgienne, spécialiste de la douleur, absolument extraordinaire. Nous avons passé
2 heures ensemble et même réussi à nous marrer et se marrer avec ce genre de médecins et particuliérement rare, pour mériter d'être souligné, en ce qui me concerne.
Malheureusement, ces syndrômes (pas maladies car pas de point de départ réel et surtout pas de remédes) sont un quatuor et pas à cordes mais de douleurs.
Fibro, colo, encéphalomyélite myalgique, plus simplement connue sous le nom de
fatigue chronique et le dernier, céphalées chroniques
Encore une grande découverte, j'ai aussi le syndrôme de la fatigue chronique, qui se traduit par un état d'épuisement complet, une incapacité de dormir et surtout de grosses
pertes d'équilibre qui me font souvent tomber, ce qui me fait des genoux d'éléve d'ecole primaire, qui monte au arbres et se bat dans la cour de récré avec les garçons, pleins de merchurochome et de pansements. Le plus dangereux reste la rue, car je n'arrive plus à marcher vraiment droit, ne voyant plus vraiment ni les trottoirs, ni les voitures et encore moins les feux rouges où verts, un grand flou artistique particuliérement angoissant, d'où attaques de panique et agoraphobie en quittant la maison.
Mais, grande chance, de ce magnifique quatuor, je n'ai pas encore les céphalées, seules des petites, dues à cette fatigue chronique.

Conclusion : rien du coté de la médecine traditionnelle et surtout pas de Morphine qui génére encore plus de douleurs (CERISE, attention) mais une ordonnance de Dafalgan codéïné et des anti gonflements intestinaux et ne surtout pas arrêter les benzos (MARIEJO) pour aujouurd'hui, car le pire ennemi de l'intestin est le STRESS, donc combat entre neurologue et addictologue, mais qu'ils se débrouillent entre eux car tout cela reste de toute manière, incurable, sans ma capacité à gérer moi même la douleur.
Plus d'acupunteur, ni médecin hypnotiseur, ni spécialiste de la sophrologie car plus assez d'argent dans le plus grand hôpital psy de Paris. Reste évidemment le privé, mais trop cher pour moi et pas remboursé.
Puisque nous en sommes là, je continue mon témoignage (attention, je ne trouve pas le correcteur d'orthographe sur VOTRE words et les fautes peuvent pleuvoir, tant pis pour vous)
RECIT : Grosse erreur chronologique, mes parents n'étaient pas encore divorcés en 1970. Mon père habitait toujours à la maison donc aucune allée et venue entre les parents à cette époque.
Je n'avais pas encore parlé de la fugue de 2 jours, faite quelques mois avant avec une copine de ma banlieue. Evidemment St Michel et les bords de Seine, puis passage chez ma cousine ainée, dont la mère était la soeur de ma mère, pauvre tante, alcoolisée au dernier degré, que mes parents avaient réussi à faire entrer en cure de désintox pendant plusieurs semaines et dont les filles, mes cousines habitaient chez nous, ce qui était de ce point de vue là, vraiment très chouette.
Mais c'était quelques années plus tôt et lorsque je suis passée l'après midi de cette première fugue, ma tante était à moitié déshabillée, ronflant, jupe relévée et un seule chaussure sur des bas filés. Impossible pour les filles, d'inviter des copains à la maison avec une vision pareille de leur mère. Le père, joueur de poker invétéré, faisait boire sa femme un maximum pour pouvoir sortir jour et nuit.
Elle est finalement morte à 36 ans d'alcoolisme et nous avons repris mes cousines à la maison, leur père n'étant même pas venu à l'enterrement et ayant complètement disparu pendant cette triste période.
Et au diable, ces tristes années 70 aussi car à 19 ans (moi 17, à peu près), elle a eu affaire à une "faiseuse d'anges", qui l'à suffisemment abimée car, vivant avec son compagnon au 5ème étage, sans ascenseur lorsque l
'hémorragie s'est déclarée, il n'a pas eu le temps de la descendre assez vite et elle est morte sur le trottoir devant sa porte en ayant perdu tout son sang.
Vive Gisèle Halimi, le manifeste des 343 salopes, le procès de Bobigny et la loi Veil sur l'IVG, arrivés trop tard pour sauver ma cousine de 19 ans.
A l'époque, mes parents n'abitaient plus ensemble (cette fois ci, j'en suis sûre) et j'étais déjà dans l'alcool, donc j'ai du finir la nuit, je ne sais plus où, ni avec qui, certainement de coté de Montparnasse.

suite

10/02/2014 10:54 par murielunerescapeedelavie

 

Jeudi 12 Décembre 2013 ‎

LARS DIMANCHE,
Ne déjeunant jamais le matin, le petit déjeuner finit en café -clope mais pour lui
faire plaisir, je me suis forcée à manger un croissant, ce qui semblait le ravir.
Puis ne devant rentrer que le soir, à la maison et étant déjà plus apaisée, nous décidâmes de passer une journée à retourner faire la manche dans ses endroits de
prédilection, car devant repartir bientôt vers son éternelle errance qui se situait à
ce moment, à Katmandou au Népal, il avait sérieusement besoin d'argent.
Après avoir passé plus d'une demi heure à déméler mes cheveux (je crois qu'il commençait, sérieusement à en avoir marre de ma tignasse), il se leva en disant,
"et si maintenant, nous y allions".
Il avait du mettre un sacré moment à sêcher mes vétements au sêche cheveux, pendant que je dormais comme un bébé, car c'était juste un peu humide. Il a insisté
pour rajouter sur mon jean éffacé, Dylan, Jefferson Airplane, Gratefull Gead , Soft Machine et Pink Flyod, plus les miens, c'est à dire que tout devenait illisible mais c'était plutôt chouette.


Et nous revoilà partis, à la Contrescarpe, idéale le dimanche matin car beaucoup d'étrangers, toujours émus par la musique française, particuliérement
lorsqu'il s'agissait de Donovan, Simon and Garfunkel et Bob Dylan, jouée par un danois. Mais peu importe, leur ressenti remplissait ma petite casquette et à nouveau,
ceux qui connaissaient bien cette musique, venaient s'asseoir et chantaient surtout avec Lars, d'abord parce que ma voix ressemblait au cri du renard pris dans un piège à loup (je vous promets, dernier loup, quoique, qui peut prévaloir de la suite de mon récit, même pas moi) et surtout parceque mon anglais de l'époque était plus que minimal.
Lorsque, nous prîmes notre dernier café, vers 5 heures, nous sommes devenus un peu tristes car nous sentions bien que nous n'étions pas prêts de nous revoir.
Katmandou est loin de Paris.
Il m'a raccompagné jusqu'à la gare St Lazare et me dit simplement :" si nous devons nous revoir un jour, nous nous reverrons, sinon, prend soin de toi, car je t'aime très
fort", avec son habituel et sonore baiser sur le front.
Je pris mon train de banlieue avec l'argent qu'il m'avait donné, afin de ne pas être arrétée par les contrôleurs, cette fois ci et moitié pleurant, moitié souriant, je me préparais à affronter les mensonges que je détestais mais qu'il faudrait bien assumer.

 

 

 

 

suite

10/02/2014 10:53 par murielunerescapeedelavie

8/12/2013

je suis malade à crever depuis plus d'une semaine et n'arrive même plus à me lever de mon lit.

Bonne nouvelle, enfin un rendez vous, en neuro-psychiatrie de 8 janvier. Il fut dur à obtenir celui là.

J'ai un peu la sensation, en écrivant, d'avoir réveillé des souvenirs, qui restent coincés dans ma gorge et m'empêchent de respirer, encore pas digérés mais peut être faudra t'il encore du temps.
Ce qui s'écrit commence une vie solitaire, sans moi et je sens un état de panique me submerger et les symptômes colo-fibro s'amplifiés.

J'ai réveillé le tigre et je ne sais pas le calmer, la seule réponse aujourd'hui, douleurs physiques et médecins (j'ai même de la morphine, à laquelle, je ne veux pas toucher).

Suite

10/02/2014 10:52 par murielunerescapeedelavie

 08-12-2013

 

Semaine difficile, pleine de douleurs, quasi incapable de quitter mon lit et
SOS Médecins, pour essayer d'enrayer les souffrances avec d'autres médicaments, qui me calment un moment. Tous parlent encore "d'incurabilité" et personne n'y connait vraiment pas grand chose à cette maudite colopathie fonctionnelle qui me laisse K.O. depuis 3 ans maintenant, sans rien pouvoir y faire quelque chose.

Mais CELA NE M'EMPECHERA PAS DE CONTINUER MON TEMOIGNAGE, encore juste un peu de temps, car j'en ai besoin.

 

11-12-2013 

J'essaye de m'y remettre le plus clairement.

Donc Lars et moi étions assis sous notre arbre du Vert Galand, lui, jouant doucement de la guitare, moi, me remettent calmement de l'intense émotion qu'il avait provoqué, en me laissant parler, lorsqu'il se leva et déclara qu'il serait peut être temps de trouver de l'argent pour manger ce soir.

Nous partîmes vers st Michel et la rue st André des arts, où il s'asseyait à l'endroit le plus propice et jouait, pendant que je tenais sa casquette en allant vers les gens pour leur demander 1 Franc, où un ticket de métro.

Je n'avais jamais fait cela et je trouvais çà plutôt sympa, car certaines personnes venaient s'asseoir à coté de nous et nous reprenions les chansons ensemble.

Puis quand, nous eûmes assez d'argent pour le métro et de la nourriture de base, nous primes la direction de l'appartement prêté par son amie.

Là, une fois arrivés, ce fut le début d'une période de paix et de sérénité.
Il me fit couler un bain, pendant que je l 'entendais faire tourner une machine à laver (eh, oaisuais, ce n'était vraiment pas un squat glauque).
Pendant que je me frottais, à en devenir rouge écrevisse, (d'accord, une écrevisse, mais plus de loup, comme vous pouvez le remarquer),
Je me sentais profondément sale, abimée, avilie, transpercée et toute petite. Des larmes remontaient par intermittences, alors je continuais à frotter espérant voir mon corps disparaître et se dissoudre.

Puis un accord de guitare me ramenait dans cette baignoire salvatrice dont je n'arrivais plus à sortir, lorsque j'ai entendu, un tonitruant, "à, table, c'est chaud".

Lars m'avait discrètement posé une grade serviette ROSE, et une grande chemise d'homme et nous avait préparé des pâtes à la sauce danoise mais je resterai jusqu'à la fin de mes jours, incapable de vous dire ce qu'est une sauce danoise, mais je crois que c'était bon. C'était chaud en tout cas.
Il devait être 20h, à peu près..

Il m'emmena dans ce qui devait être sa chambre, avait refait un lit tout propre, m'a donné un grand verre de lait, m'a dit de me coucher, si j'en avais envie, ce que j'ai fait, tout de suite, tombant de sommeil.

Il s'est assis au bout du lit, m'a jouer un peu de guitar puis j'ai senti un gros baiser sur mon front et je me suis laissée glisser dans les bras de Morphée.

J'ai dormi comme un bébé, e au réveil il y avait un plateau avec du café chaud et des croissants.
J'ai entendu de l'eau couler e me suis dit, que Lars était aussi dans son bain. Je me remis à pleurer mais il y avait tant d'émotions dans ses larmes que je ne savais plus si c'était de la douleur causé par un homme où du bonheur et de la confiance donnés par un autre.

Je vais moi même essayer de retrouver Morphée, qui me fuit souvent et je vous revois bientôt.

 

Suite

10/02/2014 10:43 par murielunerescapeedelavie

 30-11-2013

 

Eh hop, 6h du matin, je ne suis jamais sentie aussi vivante que lorsque je n'ai quasi pas dormi, bien sûr cela se répercute sur une journée assez merdique mais tant pis.


Bon , peu importe, je vais vous resservir ma phrase préférée de René Char pour démarrer :

"La lucidité est la souffrance la plus rapprochée du soleil".

 

J'ai du m'écrouler un moment, car lorsque je me reprend conscience, j'entend, il fait nuit noire avec un léger rayon de lumière un peu grise et sale des petits matins.

Une de mes mains s'est détachée pendant la nuit, j'enlève l'autre cordelette et vire cette horrible serviette bleue ciel de ma bouche, je ne sais même pas comment j'ai réussi à respirer, au point de m'endormir avec.

J'entend d'énormes ronflements avinés, peut être "abierrés" serait le mot le plus juste, s'il existait, enfin ce matin là, pour moi, il existe.
Je me lève dans le noir et à pas de loup, d'agneau devrais je plutôt dire, me dirige vers le lavabo, entrevu la veille et avec la serviette BLEUE, essaye de me frotter du bas du ventre aux genoux,
devant, derrière, avec une énergie farouche. faiL'eau est glacée et il fait un froid de loup (décidément beaucoup de loups dans cette histoire, mais tant pis, ils conviennent).

L'époque nous faisait mettre des tartines de traits de khol sur les yeux et ayant pas mal pleuré, j'imaginais mon visage noir de coulures de ce produit.
Alors avec un autre coin de cette maudite serviette, j'ai frotté mon visage à le rendre rouge comme une écrevisse (j'ai pas dis un crabe).

La porte du garage, étant restée ouverte, je me retrouve dans un jardin de banlieue, à peine visible mais bien moche, il ne manquait que les nains (pardon pour ceux qui les aiment) et derrière, la ville, c'est à dire une énorme avenue où le trafic commençait son bruit habituel, voitures, bus, camions.

Les lumières me permettent de voir ma montre, 5h et quelques.
Mais où suis-je, me dis-je, je préfère en plaisanter car je n'étais pas rassurer. Où étais-je et surtout où était Paris ?

Je décide de rester sur ce coté ci de l'avenue, de toute façon trop dangereuse à traverser et de partir vers la droite (peut être une vague réminiscence ?).
Bonne pioche, je marche u long moment dans cette lumière, entre chien et loup (encore un loup, le dernier, je pense) et je vois un arrêt bus.

Pas un fifrelin en poche, je bafouille une espèce d'histoire de fête d'anniversaire raté et gentiment me laisse monter direction porte de Montreuil. Ouf, là, je connais, c'est Paris;

 

Je commence à demander un ticket de métro et j'ai souvent remarqué que les gens qui partent travailler très tôt, sont plus accessibles à la peine, où à la demande de l'autre? (pas tous évidemment).

Ne voulant pas rentrer chez moi, nous n'étions que samedi matin et le retour étant prévu le dimanche soir, et ne voulant surtout pas que mes parents me voient dans cet état là. Longs cheveux, non seulement pas coiffés ( allez trouver un peigne, vous dans le noir) mais complètement
emmelés et un peu monstrueux, je décide de repartir vers St Michel et surtout vers le square du Vert Galand, juste à la pointe de l'Ile de la Cité.

 

J'entends des pas derrière moi et je vois apparaître un copain danois avec sa guitare.
En voyant mon état quelque peu délabré et le visage plein de larmes, il s'assoit de l'autre coté et commence à jouer dés musiques folk et très douces.
Au bout d'un moment, j'éclate en sanglots et n'ayant pas de mouchoir, commence à renifler d'une façon très élégante. Il me tend des kleenex et me demande si je veux parler.
Et là, tout le trop plein, se met à sortir dans un désordre indescriptible.

Je mélange viol, contrôleurs de train, yeux et serviette bleue du monsieur, nains de jardins, etc...
Un peu désorienté, il essaye de remettre de l'ordre mais avant, il m'entoure les épaules d'un de ses bras et me met la tête sur son autre épaule et me disant d'arrêter un moment de parler et d'écouter les oiseaux.

 

Puis, ayant un peu d'argent en poche, il me propose d'aller boire un café au Mac Do, de l'Odéon, qui n'existe plus. Café assez mauvais mais pas cher.
Il devait être 10 h ou 11 h et comprenant que ce n'était pas le moment de m'abandonner, il me propose de faire la manche avec lui, pour avoir assez d'argent pour acheter à manger et des tickets de métro car une amie, lui prêtant un appartement, Porte de Champerret,
Je pourrais me laver, manger et dormir.

Ayant lu l'angoisse dans mes yeux, il se mis n me rire, me fit un gros baiser sur le front disant que je pouvais être rassurée, rien ne ressemblerait à la nuit précédente.
J'ai, tout de suite, compris que je pouvais lui faire confiance, sans trop savoir pourquoi mais je l'avais déjà vu plusieurs fois, nous avions déjà parlé ensemble et son sourire était rassurant.
Je crois qu'il s'appelait Lars mais ma mémoire n'en ai pas plus sure que çà.

 

suite

10/02/2014 10:40 par murielunerescapeedelavie

25-11-2013 Je reviens bientôt, je dois aller encore beaucoup plus loin pour peut être enfin clore une vie pas très sympa, que j'ai subie plutôt que vécue, comme pas mal d'entre nous, malheureusement mais rien n'est perdu, même à 58 ans car la vie continue et la liberté sera, je l'espère au bout de ce long chemin.

 

suite

10/02/2014 10:39 par murielunerescapeedelavie

20-11-2013 , Je suis en train de réaliser une chose, après 20 ans de thérapies diverses dont 10 de psychanalyse, la chose la plus importante dans un témoignage écrit, ce sont les menus détails, enfin ceux que ma mémoire veut bien me restituer et surtout d'être LUE.
Enfin, un oeil (le votre) qui me laisse devant un texte qui devient réel et non fantasmé...
Obligée de m'arrêter vit, à tout à l'heure,

suite

10/02/2014 10:26 par murielunerescapeedelavie

17-11-2013 Bon, ma mère nous quitte et je reprend le train pour Paris. J'étais habillée d'une tunique indienne, d'un jean et de clarks, d'un grand sac plein de franges et j'avais les cheveux qui descendaient sous les fesses.
Sur le jean e les chaussures étaient écrits au feutre beaucoup de noms de musiciens de l'époque (1970), le Stones, Ten years after, Clapton, Velvet underground, Crosby, Still, Nash and Young, Hendrix, Janis Joplin, Led Zeppelin, the Nice, Yes, Amon Dull II, Magma, etc...

Je fonce à St Michel, espérant trouver un des seuls copains que je connaissais, il était parti quelques jours à Amsterdam. Retour au square du Vert Galand, Il commençait à être 8 heures et je me dis que je n'ai pas vraiment envie de passer la nuit sous les arbustes du square. J'écoute des musicos et le temps passe. Retour à St Michel, 10 h, et je commence à demander à des gens si je peux aller dormir chez eux, non pas de place, non, trop nombreux.

11 h, je commence à flipper un peu car je me sens très seule.

Un peu après, je tombe sur un type seul, l'air un peu égaré, cheveux longs (l'importance des cheveux longs pour un homme, chez moi, est un peu étrange), et question rituelle, "peux tu m'héberger pour la nuit" ?

Je dis OK, il est près de minuit, mais nous devons prendre le dernier train car il habite en banlieue. Direction gare de l'est.
Pas besoin de tickets, dit t'il car il n'y a jamais de contrôle dans ce train.

Et Pan, controleurs, papiers d'identité, pas d'argent, drôle de regard du fonctionnaires sur mon age et celui de ce compagnon de fortune, 35 ans et je n'avais pas 15 ans mais bon, amende (l'explication alambiquée que j'ai du fournir à mes parents le mois suivant, lorsque le petit papier bleu est arrivé à la maison : train de nuit vers la banlieue est, alors que j'étais censée dormir à St Cloud, chez mon amie et que j'habitais à l'époque en banlieue nord ouest...).

2 kms à pied pour arriver devant un pavillon typique début XXè, chez sa mère mais elle l'avait logé dans le garage, car il ne voulait plus de lui chez elle. Bon début

 

Garage sordide, éclairé uniquement d'une ampoule qui tombait du plafond sur un lavabo pas très propre. De moins en moins rassurée, je commence à réaliser que dans cette phrase que j'aimais tant "faîtes l'amour, pas la guerre", j'avais totalement occulté "faîtes l'amour...." et j'avais mis, bien sûr des précautions oratoires, style "copain/copain, OK. Oui, oui, bien évidemment, ne t'en fais pas, etc....

Devant un amas d'outils plein de cambouis et un carcasse de ce qui avait du être une moto, un matelas avec une sorte de grille en tête de lit et des canettes de bières pleines où vides, un peu partout, par terre

Il commence une bière, m'en tend une, me disant que cela allait me décontracter au moment où j'ai vu un couteau assez large dépassant en dessous du lit.
Sans moufter, j'ai bu sa bière (je ne connaissais pas vraiment le goût et je n'ai pas non plus vraiment aimé). Mais bon, à la guerre comme à la guerre, j'ai fait avec puis sans me prévenir, ni me déshabiller, lui non plus d'ailleurs, il me jette sur le lit, me disant qu'il sortait d'HP, qu'il y allait souvent, qu'il me trouvait jolie, qu'il buvait souvent de la bière, etc... tout en commençant à m'attacher les poignets avec 2 petites cordelettes, planquées sous le matelas, pas très loin du couteau, aux barres de fer qui entouraient le lit.

Pour que je ne crie pas il m'enfourne une serviette bleue ciel dans la bouche (si un jour, vous me faîtes u cadeau, eh on ne sait jamais, rien de bleu ciel, SVP, de bleu, je n'aime et n'admire que le CIEL).

Il me pénètre et la douleur est si intense que j'ai l'impression de m'évanouir et j'ai beau hurler dans ma serviette de toilette, rien ne sort.

Je sens du sang couler le long de mes jambes mais heureusement qu'il avait complètement descendu mon jean, qui est resté propre. Que de drôles de pensées dans de pareils moments.
Est ce que ma tunique était tachée, par exemple ? je n'en avais pas prise de rechange et en même temps, la douleur, la sensation d'avoir un feu brûlant dans le sexe s'exacerbaient et me faisait de plus en plus mal.
J'avais beau agiter les jambes dans tous les sens, il était beaucoup trop lourd pour moi et continuait sa besogne comme un beau diable.
J'arrête un peu. A plus tard.